LES EXPEDITIONS POLAIRES?

Expèdition polaireLa navigatrice quimpéroise Anne Quéméré, spécialiste des traversées océaniques en kitesurf, partira cet été à la dérive sur un morceau de banquise pour une expédition de cinq semaines en totale autonomie destinée à surveiller le dérèglement climatique avec le groupe "Robinsons des glaces".

"Ca fait longtemps que ça me titille" d'aller découvrir le monde des glaces au Groenland, s'enthousiasme cette aventurière de 44 ans, plus habituée à l'univers liquide de l'océan qu'à celui, solide, de la banquise.

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Le chef de cette expédition baptisée la "Grande Dérive", Emmanuel Hussenet, souhaitait compléter l'équipe de trois hommes avec une femme venue d'un univers maritime différent. Il l'a contactée en début d'année.

"J'ai réfléchi, trois heures, et j'ai dit oui!", lance la navigatrice aux yeux bleus avec un large sourire.

Ce raid, d'un nouveau genre pour elle, vient se glisser entre une traversée du Pacifique en Oceankite abandonnée faute de vent en 2008 et le départ d'une autre tentative depuis le Pérou jusqu'à Tahiti en février 2011.

Fin juin, l'équipe partira de Tassilaq dans le sud-est du Groenland pour rejoindre en bateau puis en kayak de mer un bout de banquise fiable de 5 ou 6 mètres d'épaisseur.

L'idée est "d'attirer l'attention sur le destin des glaces et témoigner de leur formidable beauté", pour "apporter au monde un regard neuf et malheureusement définitif sur un milieu naturel mythique", voué à disparaître d'ici quelques années, comme l'expliquent les "Robinsons des Glaces", une association militante spécialiste du monde polaire.

Les quatre équipiers installeront leur campement dans le pack des glaces arctiques en pleine débâcle. Il se peut qu'ils aient à changer de morceau de glace pour des raisons de sécurité.

Poussé par un courant marin de nord vers le sud, "cette île flottante se réduira de 1.000 m2 au début de son parcours, à 100 ou 50 m2" cinq semaines plus tard, explique Emmanuel Hussenet. Selon lui, la banquise pluriannuelle, "formidable marqueur du réchauffement climatique", pourrait avoir totalement disparu d'ici dix ans.

Chacun devra emporter un chargement de 30 kilos dont 20 de nourriture pour résister à des conditions climatiques plutôt clémentes pour la région: les températures, celles de la glace en train de fondre, y sont comprises entre -2 et 2°C.

Ce séjour polaire, qui correspond aussi à la période des naissances chez les morses, sera l'occasion pour Anne Quéméré de se mettre à l'écoute de ces énormes mammifères marins et d'enregistrer pour le CNRS les communications acoustiques entre mères et petits.

"Je ne suis pas une scientifique, je suis juste un pêcheur d'information", dit-elle. La navigatrice, qui collabore depuis plusieurs années avec les chercheurs du parc marin Océanopolis de Brest, s'est également vue confier la mission de prélever du plancton sous la banquise.

Source:AFP

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