La sonde LADEE en route pour la Lune

Sa mission est double : analyser l'atmosphère de notre satellite et tester un nouveau système de communication avec la Terre.

la sonde américaine LADEE (Lunar Atmosphere and Dust Environment Explorer) a débuté son périple spatial. Son lanceur a décollé depuis la base de la Nasa de Wallops Island samedi matin à 5h 27 du matin (heure française). 

La sonde, de la taille d’une petite voiture, va se placer en orbite autour de la lune au terme d'un voyage de 30 jours. Elle devra étudier l’atmosphère de notre satellite et son éventuelle influence sur la poussière du sol lunaire. En effet, durant les missions du programme Apollo, les astronautes avaient remarqué un étrange halo lumineux visible à l’horizon durant les levers de soleils.

Un lever de soleil filtre en halo à travers l'atmosphère de la lune.

PARTICULES CHARGÉES:

L’une des pistes pour expliquer ce phénomène pourrait être la présence de particules chargées électriquement. La sonde aura donc pour mission de nous apporter plus de renseignements quant à la composition de la très fine couche d’atmosphère qui entoure la Lune. "Ce type d'atmosphère très fine pourrait-être le plus répandu dans notre système solaire" explique la NASA sur son site.

Durant les 160 jours de sa mission, la sonde va donc collecter de nombreuses données qui vont-être transmises en direction de la terre grâce à un dispositif d'un nouveau genre baptisé LLCD (Lunar Laser Communication Demonstration). Faire transiter ainsi des information par un faisceau laser plutôt que par des ondes radio présente un double avantage.

Tu tires ou tu pointes ?

La vitesse tout d'abord puisque la transmission laser qui s'effectue à la vitesse de la lumière, est quasi instantanée. Le débit ensuite puisque d'après la Nasa, un tel dispositif est capable d'émettre 602 Mbps à travers des centaines de millions d’impulsions laser chaque seconde. Assez pour permettre une vidéoconférence en temps réel depuis la lune ! 

Toutefois, la difficulté de ce dispositif est de parvenir à pointer le laser avec la précision requise. Pour cela, les stations au sol et la sonde doivent dans un premier temps se repérer l’un l’autre. La station balaie donc le ciel avec un faisceau lumineux dans la zone où se trouve la sonde, jusqu’à la toucher. Des photorécepteurs sur la sonde détectent alors cette impulsion lumineuse et pointent alors le laser vers la source. La communication peut alors s’établir.

Le signal très faible émis par la sonde (qui n’a qu’une puissance de 295 watts) est capté par un réseau de télescopes suffisamment sensibles pour capter individuellement chaque photon qui est alors transformé en donnée numérique.

STATIONS:

Trois stations seulement sont équipées pour dialoguer ainsi avec la sonde lunaire : le complexe de White Sands au Nouveau Mexique, le JPL en Californie et le site de l’agence spatiale européenne (ESA) sur l’île de Tenerife, en Espagne. Chacun de ce lieux ayant été soigneusement choisi pour son ciel particulièrement dégagé.

160 jours après son lancement, la sonde achèvera sa mission en allant se fracasser sur la surface de la lune. 

Source:science et avenir